Incendie et autres catastrophes :  et si on écoutait les experts ?


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Article N°26836

Incendie et autres catastrophes : et si on écoutait les experts ?

crédit : Marion NICOLAS
Le feu en Gironde constitue une horrible illustration de ce qu 'il arrive quand les décisions sont prises par des décideurs déconnectés des réalités du terrain. Des mises en garde avaient été données mais pas écoutées. Et il y a d'autres domaines ou des conséquences tout aussi graves se préparent. La disparition à bas bruit de centaines d'espèces animales par exemple. Irrémédiable. Pourquoi ? 

Remarquable émission sur la chaîne du Sénat  : un débat autour du problème des forêts : gestion, entretien etc. Avec non les mêmes polémistes qui passent du COVID à L'UKRAINE, éternellement sachants, mais de véritables experts, des femmes et hommes dont la forêt est le quotidien. 

- D'abord, un reportage d'investigation :  " Forêts françaises : en quête d'avenir ? " diffusé le 21 mai 2022
Deux journalistes, Alice Mariette, spécialiste des questions économiques et Grégoire Souchay, qui travaillent sur les problématiques environnementales, décident d'aller à la rencontre de celles et ceux qui animent la filière forêt-bois française.  Forestiers, économistes, chefs d'entreprise ont la parole. 
Avec le terrain, le reportage tente d'avoir une approche GLOBALE, non partisane, de la gestion forestière, et de comprendre les enjeux de cette crise ainsi que les solutions proposées par les différents acteurs de la filière.

- Ensuite, une émission-débat avec des spécialistes : des personnes qui ne sont pas connues, mais qui connaissent à fond leur sujet.  Bref, des sachants. Des vrais.

Loin du bruit et de la fureur des exploitations politiques, on aimerait plus d'émissions de ce type. 

Car combien de catastrophes semblables se préparent tout simplement parce que le grand public ne dispose pas de la bonne information ? Le politique n'est pas différent du peuple : il fonctionne d'après ce qu'il sait. Et la pression que lui met une opinion qui subit des informations partielles et très orientées. 

Par exemple : des lois passent en ce moment, et d'autres vont être proposées, en apparence pour protéger les animaux de la maltraitance humaine - voir sur notre site Pro NaturA. Comment ne pas aller dans ce sens ? Qui souhaite la maltraitance de nos compagnons ? 
Seulement, ces lois ont été, au départ, orientées. 

D'abord, leurs rédacteurs ont veillé à exclure des groupes de réflexion préalables à la loi, puis des commissions prévues dans les textes régissant les animaux, tous les véritables experts en France. 
Ensuite, elles ont été mises en valeur et défendues urbi et orbi dans les médias par des associations qui défendent, certes, l'animal à grand buzz,  mais ne disposent pas  globalement d'une réelle expertise, scientifique ou autre. 

Dans un premier temps, ces textes semblent protéger les animaux, les défendre et renforcer le lien homme /animal .
Mais, en allant plus profond, leur véritable effet sera tout simplement :

- d'empêcher les hommes d'avoir des animaux : en posséder est vu comme une "détention" : le mot est terrible. Et tout propriétaire est vu comme "matraitant" Ce qui ne reflète guère le grand attachement que la plupart des Français - une sur deux possède un animal - portent à leur(s) compagnon(s); Et l'attention réelle qu'ils portent à leur "bien traitance" .



Correlophus ciliatus,  visiblement maltraité ...: crédit photo : Renaud BOULENGER 

- d'interdire tout élevage aux particuliers - impossible de faire reproduire votre couple de canari : vous n'êtes pas un professionnel, vous devrez passer une "certification" pour ce faire, et être habilité par le Ministère de la Transition Ecologique. Procédure qui peut durer entre un et 16 ans selon le territoire où vous résidez.  On peut prévoir une recrudescence des abandons, effet inverse de celui affiché par la loi. 



Chardonneret élégant . crédit photo : Kamel LATRECHE

- A terme d'interdire tout élevage : puisque la consommation de viande est honnie par 2% de la population, qui manipule les consciences 
- et en fin de compte, éliminer la biodiversité française, puisque l'effet de ce qu'il faut bien appeler un "terrorisme"  intellectuel sera que l'élevage cessant peu à peu, de très nombreuses espèces, domestiques comme non domestiques, vont disparaitre. 


Revenons aux expertises :
Nous avons en France une grande quantité d'associations - plus de 3 500 - au sein desquelles  des femmes et des hommes passionnés ont voué leur vie à l'étude de tel ou tel animal : poisson, chardonneret, grenouille, varan, poule, chat, cheval etc etc  Ils sont parfois les seuls à élever une variété unique. Ils savent tout sur celle-ci. Ils ont leurs contacts dans le monde entier, ils travaillent avec des vétérinaires spécialisés et se sont formés au fil des ans. C'est eux que viennent voir les parcs zoologiques ou les professionnels pour retremper une souche génétique ou reformer un couple. Le milieu où ils évoluent les connaît et les reconnaît. Ils sont aussi passionnés que passionnants. Ils n'ont rien à y gagner financièrement, bien au contraire. 



Grenouille maltraitée : crédit photo : Renaud BOULENGER 

Eh bien, vous ne les entendez jamais, et les politiques non plus. Ce qui veut dire concrètement qu'ils devront encore une fois voir passer les uns après les autres, lois et décrets, qui condamnent leur passion, sans jamais pouvoir se faire entendre. Et assister impuissants à des menées successives dont ils savent qu'elles mèneront à court terme à la fin de leur espèce favorite : à cause de tel règlement, le perroquet "Ara Hyacinthe" par exemple, très rare, ne pourra plus avoir de femelle et va mourir de tristesse. A cause de tel décret, le varan ne sera plus autorisé et l'espèce s'éteindra. 


Johanna, Varan des savanes , très maltraité ..crédit photo : Renaud BOULENGER 

Car aussi,  les délivrances de certificats de capacité, qui autorisent à élever certaines espèces, sont actuellement gelés. Ce qui veut dire impossible de faire reproduire, impossible d'avoir de nouveaux sujets, impossible de déménager en emmenant ses animaux.
Avec pour effet que des éleveurs, découragés, cessent. Cèdent des animaux de grande valeur, ou ne les font plus reproduire. 
Chronique terrible d 'extinction programmée de dizaines d'espèces précieuses, car la moindre variété, la moindre étincelle de vie, est précieuse.  


Et, comme pour le feu en Gironde, on dira : "mais on le savait, untel l'avait dit." 
Oui. Seulement il sera trop tard. et une espèce animale qui disparait, alors que la sauver était possible et facile, c'est une tragédie. 



Sympathique mérou, victime de la surpêche. Crédit photo : Conservation nature. 

Cette tragédie annoncée est en route : ProNaturA demande instamment aux politiques et aux décideurs  d'écouter les experts dont notre territoire est si riche. Ils ont des solutions simples : il suffit d'adapter les réglementations en les revoyant avec de véritables experts, conscients et responsables des nécessités de chaque  biotope, et qui pensent des solutions globales. Cela ne coûtera rien, seulement le temps des ces passionnés prêts à travailler bénévolement avec les Services de l'Etat.  
 
Ecoutons les experts, avant que nous léguions à nos enfants une Terre où il n'y aura plus que quatre races de chiens , deux oiseaux, trois poissons et une grenouille. Où l'humain aura enfoui la biodiversité reçue en héritage sous une masse de textes, qui, eux, sont bien stériles.  

sarah AUSSEIL

Lien :https://pronatura.smartrezo.com/admcorr/index.php?ids=37254#

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  • VaeVictis :29/07/2022 13:48:00 Les forêts françaises seraient-elles en danger ? Alors que le réchauffement climatique bouleverse la biodiversité, les forêts sont soumises à des changements profonds. Que peut l’homme face à cela ? Faut-il intervenir ou faire confiance à la nature ?
    Et quels sont les impacts économiques ? Alors que le bois est devenu un matériau convoité, comment trouver un équilibre entre la demande, la rentabilité et la protection de l’environnement¿? Si les ¾ de la forêt française est privée, l’Etat a la possibilité d’influencer les politiques de gestion forestière. Quelles orientations pour demain ?
    Rebecca Fitoussi et ses invités s’interrogent autour des enjeux de cette filière bois.
    Les invités :
    Alice Gontier
    Responsable développement et communication pour Cœur de forêt
    Jean-Yves Caullet
    Président de l'ONF (Office national des forêts)
    Antoine D'Amécourt
    Président de Fransylva
    Anne-Catherine Loisier
    Sénatrice (ratt. groupe centriste) de la Côte-d'Or
    https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-en-docs/forets-francaises-sont-elles-en-danger-199789
  • VaeVictis :20/07/2022 15:32:08 Forêts françaises : en quête d'avenir ? diffusé le 21 mai 2022
    Deux journalistes, Alice Mariette, spécialiste des questions économiques et Grégoire Souchay, qui travaillent sur les problématiques environnementales, décident d'aller à la rencontre de celles et ceux qui animent la filière forêt-bois française. Forestiers, économistes, chefs d'entreprise ont la parole.
    https://www.publicsenat.fr/recherche/pse_search_type/replay?search_api_views_fulltext=Forêts françaises : en quête d'avenir ?
  • michel-lecomte :20/07/2022 12:14:20 Très bonne analyse de la situation actuelle. Il devient plus qu'urgent que les élus chargés de voter des lois, écoutent et prennent langue avec les acteurs sachants dans chaque domaine et surtout ne pas suivre les volontés de ces pseudos spécialistes qui vivent intra-muraux des agglos et surtout à Paris. Car ces influenceurs là ne connaissent rien de la vraie vie. Ils sont incapables de raisonner avec de la transversalité car dans leur monde de bobos parisiens pour la plupart...
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